Rétro à tous les amis : une nouvelle fois, c’est le No Bloody Knows qui vient vous parler ! Et aujourd’hui, on s’intéresse au film Broly dans sa version « Super ». Canon mérité ? 

Bulma tourne mal

Dragon Ball dans toutes ses versions, il y en a jusqu’à l’indigestion.  Après ce qui fut vécu tel un affreux affront (la saga GT), le Super s’est imposé comme la véritable continuité du Z. N’hésitant pas d’écarter au passage les pérégrinations capilotractées dirigées par Osamu Kasai. C’est en ce sens que le célèbre Broly peut prétendre à un retour, voire à une heure de gloire…

De là à convaincre l’assemblée sans aucune incertitude ? Pas exactement, à notre grand regret. La nouvelle itération multiplie approximations, retours improbables et transformations de plus en plus impressionnantes au détriment de la cohérence d’ensemble. Comme ce vieil athlète qui promet à chaque fois que ce sera son dernier round. Ou cet acteur sur le déclin qui ressort le costume du rôle qui a engendré sa gloire. Pour Dragon Ball, l’heure du jubilé s’imposerait ; néanmoins les créateurs en ont décidé autrement, au grand dam de certains fans. Certains réclament encore à cor et à cri la conclusion d’une histoire fascinante démarrée depuis bien longtemps…

Quelle parade reste-t-il pour les équipes afin de réunir l’ensemble d’une communauté ?  Si diversifiée dans les âges qu’elle pourrait exploser à tout moment ? Le retour du Maître incontesté à l’écriture. Et la clarification du rôle d’un des personnages les plus appréciés ; en dépit d’une absence dans le récit “officiel”.

« I’ll Keep Coming »

En ce sens, l’arrivée de “Dragon Ball Super : Broly” prend son envol avec sa vision innovante, clinquante et…décevante.

Cet article n’a pas pour vocation de se ranger sous une bannière belliqueuse. Il s’agit purement et simplement d’un cumul de constatations qui nous poussent à exprimer notre point de vue. Sans se targuer d’être les spécialistes ultimes de l’oeuvre. Nous nous posons bien plus en tant que spectateurs admiratifs et dubitatifs face à la longévité d’une création dont la fatalité ordonne le renouvellement.

A noter également que certains spoilers sont présents. Aussi, si vous comptez rester vierge de toute information, nous ne saurions que vous conseiller de revenir une fois le visionnage effectué !

Elle a un bon Goku

Point de précipitation grossière: le temps est aux racines, histoire de saisir la teneur du projet actuel. Si “Dragon Ball Super : Broly” date de 2018 (2019 pour nos belles contrées), le Puissant Saiyan n’en est pas à sa première apparition. Même s’il faut prendre en compte qu’il s’agit d’une réécriture ; comprendre par là que le Broly désormais reconnu comme canon n’est pas celui des origines. En clair, celui du S n’est pas celui du Z…

1993, “Dragon Ball Z : Broly le Super Guerrier” réalisé par Yamauchi débarque et les premiers visuels donnent le ton. Le personnage introduit pète la classe et son charisme mêlé à sa fureur impressionnent, tout autant que les tannées qu’il inflige aux protagonistes historiques de la saga. Le duo rival bien connu des fans en tête… Son histoire, imaginée par le scénariste Koyama, reste succincte et la peur qu’il inflige est le rejet dû à sa force. Et…aux piaillements de Goku qui ont rendu fou notre mastoc, le temps d’une croissance exquise.

Pour le développement du personnage, cela s’arrête ici. Enfin à peu près. Le Guerrier de la Légende devient une masse de muscles saillants, un boule de colère frénétique.

Une gamelle primitive finalement dont l’écriture est aussi faible que la puissance est exponentielle. Voilà, c’est dit. Broly a beau envoyer du lourd (et des parpaings), il ne connaît ni évolution ni réel approfondissement, se contentant de hurler à tout-va. Un bout de justification et c’est tout…

Ceci s’explique par un métrage relativement court, en tout cas suffisamment pour ne pas aller plus loin dans la narration.

« Le contexte est plus fort que le concept »

Que reste-t-il ? La magnificence des combats où la grande résistance du bad-guy fascine. Et en ce sens, nous prenons un vil plaisir à voir nos héros préférés se faire broyer les uns après les autres. Pervers ou malsain ? Assurément un peu des 2.

A la décharge du scénario, un film n’a pas la même possibilité dans la mise en place de ses éléments qu’une série. Argument cependant un brin fallacieux cependant ! Un personnage a une possibilité de construction efficiente si la plume qui lui donne naissance flirte avec la perfection. Evidemment, vous l’aurez saisi : cela est loin d’être le cas.

On retrouvera quelques thèmes un peu clichés comme l’exploitation du fils par le père (Paragus ayant entre ses mains la puissance de son fils Broly). Ou encore la vengeance. Et la folie destructrice qui, malgré de multiples tentatives de maîtrise, se transforme en force incontrôlable et…meurtrière. Dommage que le parricide soit si vite expédié ! Bien sûr, nous ne réclamions pas une romance ; toutefois un minimum de contextualisation ou d’émotion auraient été bienvenues.

Nous nous contenterons de la rage.

Ce qui est déjà beaucoup. Ce qui sauve le film et son protagoniste ? L’apparence, le chara-design de fou furieux où même les exagérations physiques impressionnent. Comme nous vous le disions plus haut : de la sauvagerie incarnée dans un corps tout en puissance. Un coup de génie qui fait mieux passer le vide de la psyché de Broly !

Dès lors, nous venons uniquement le voir pour en prendre plein la gueule. Au sens propre comme figuré.

Krilin cru ?

Et ce n’est pas les autres itérations (enfin l’autre pour que nous restions polis) qui donneront de la consistance au personnage. Plus courts, nous sentons que les choses n’étaient pas prévues depuis le début. Pour éviter l’écueil de bancalité, le même duo à l’origine du premier ne prend pas de risque dans “Dragon Ball Z : Rivaux dangereux/ Le retour de Broly”. Tout juste change-t-on les décors et les braves qui vont servir de chair à canon. Avant de trouver le moyen de se débarrasser du félon ! Voilà. Cela ne va pas beaucoup plus loin et si la claque persiste en regardant les affrontements, que dire du reste ?

Le néant. Ou si peu. Nous restons impressionnés par le charisme naturel de Broly mais ce n’est pas pour ce qu’il apporte. Une domination sans partage, digne du rang de son porteur et le chaos pour la construction des séquences. Des baffes, de l’épique, une assurance inhérente à la série, beaucoup d’ingrédients sont là.

Seule la sauce qui fait frétiller les papilles en sublimant le plat est absente. 2 opportunités d’évoluer et… non, rien. Tout pour le visuel. Et un prétexte pour s’en coller de multiples, histoire de montrer à tous qui est le boss ! Loin des projets d’un Cell (encore que…), c’est la volonté d’exploser tout ce qui bouge qui fait le sel de l’opposant de nos figures familières.

Broly : Suffisant pour donner la tonalité d’un vrai méchant ?

Nous en sommes à des lustres. Ne crachons toutefois pas dans le potage avec ferveur ! En sales gosses que nous sommes, nous étions beaucoup à jubiler devant les démonstrations de Broly. Les impacts furent des coups de massue et nous ressentions la douleur de la victime. Qui se faisait massacrer sur place ! Les produits dérivés ne sont là que pour confirmer ces dires. En dépit d’une épaisseur en berne du “conte à tartasses”, quelque chose de fort se dégageait.

Une aura incommensurable, enivrante et violente en guise de catharsis de notre côté sombre, enragé en raison de frustrations contenues dans les limbes de notre conscience. Mais voir le traitement de celui qui fut évoqué et fantasmé possède ce petit goût de tronqué, nos théories si complètes s’effondrant au fur et à mesure. Alors d’accord, ce n’est pas au public de décider car la tournure dépend quasiment exclusivement de la vision des artistes.

Puis n’oublions pas les grandes qualités comme le sound-design parfait, le rythme soutenu et les doublages qui font le café. La complétion de l’action est à saluer et la réalisation est grandiloquente ! Le dantesque pointe le bout de son museau et l’esthétique redéfinit la notion d’excellence.

Tout est respectable ; en outre il reste frustrant de constater que toute cette pétarade aurait pu dériver sur un propos bien plus intense. Simple avis mais si vous lisez ceci, alors nous ne pouvons vous décevoir.

Puis entre nous, nous ne ferons pas l’affront de vous parler de Bio Broly, si ? Le pauvre Ueda s’en mord encore les doigts, qui sait…

Peut-être que nous aimons Broly au même titre que nous aimons Vegeta. Qui ne se sent pas attiré par le côté obscur en somme ?

Cependant, imposons une trêve à nos bavardages incessants. Vous raconter, brièvement, les bases n’est là que pour servir notre propos afin de mettre en lumière griefs et émerveillements devant notre véritable sujet.

“Dragon Ball Super : Broly”…nous voici !

Strong Broly

Et certainement, vous vous en doutez, le sieur Akira Toriyama a senti toute la panoplie dramatique et suave du camarade Broly. Au point de prendre en charge l’écriture du scénario du dernier film. L’occasion, enfin, de l’intégrer pleinement à l’univers, de rendre canonique ce grand garçon en le faufilant dans les espaces ouverts par la saga “Super”. Indéniablement plus prompte à accueillir le personnage pour ce qu’il est.

Après le très moyen “Battle of Gods” et surtout le décevant “La Résurrection de F”, l’occasion est trop belle : il s’agit de se refaire la cerise et d’en mettre plein la vue, histoire de montrer de quoi le S est capable. Un véritable défi à relever, et l’occasion de redimensionner Broly selon les souhaits de Toriyama. Sans tout jeter car certaines bases sont conservées, comme la crainte de la force extraordinaire du Saiyan ou encore la relation de domination père/fils.

Il est appréciable que le début du métrage soit pensé pour narrer les événements du passé et “humanise” Paragus (le géniteur pour rappel), prêt à tout pour défendre son fils et contraint à faire des choix parfois cornéliens et douloureux pour la survie de celui-ci. Les pôles sont inversés et les enjeux sont posés peu à peu par le biais d’une mise en contexte.  Certes assez lente dans son déroulement mais finalement pertinente, évitant de hacher le récit. Une attention spéciale est portée sur le montage et le choix des plans : en cela, et en dépit de tous les défauts qui assombrissent le tableau, aucune faute de goût n’est imputable à Tatsuya Nagamine. Il s’agit du maître d’orchestre de cette furieuse symphonie qui prend le temps de s’installer avant le grand rush final.

%

Broly !

« Sang pour sang » Broly

Sensiblement, la trame n’est pas si différente du matériau de base. Néanmoins, nous sentons l’appétence de Toriyama envers les explications des agissements de son personnage. En plus du retour dans le passé : la destruction de la planète des Saiyans et l’exil sur Vampa constituent de solides fondations, sublimées par certains moments poignants dont nous vous laissons le plaisir de la découverte.

Quid de la vengeance ? Elle est toujours présente, double et d’autant plus viscérale qu’elle est le fruit de la manipulation du personnage le plus malmené (toujours selon notre karma !) par S : Freezer. Pleinement intégré à l’histoire, celui-ci ne tire à aucun moment son épingle du jeu et son charisme s’effrite de plus en plus. Ainsi, nous restons figés dans la nostalgie de ses premières apparitions et cette impression qu’il est temps d’en finir avec le vilain. Trop exploité pour pouvoir surprendre le spectateur averti…ou non !

Une erreur qui dépareille avec la première partie de l’oeuvre, car oui celle-ci est divisée en 2 (nous y reviendrons), tant le superflu est aux abonnés absents. Beaucoup des comparses habituels n’apparaissent pas, ou si peu, pour laisser place à une sorte de huis-clos où même les vétérans ont une arrivée quelque peu tardive.

Frost tise

Quid alors de la réalisation ? Majestueuse, et ce à chaque instant. Découpage, mouvements de caméra, alternance entre panoramas et plans rapprochés…tout est établi pour démontrer la quintessence d’un univers si familier où certains secrets se cachent encore, des années plus tard. Et que dire de cette patte graphique ? Rien, si ce n’est qu’elle est superbe. Nous sommes évidemment loin des premiers balbutiements et, fait rare méritant d’être souligné, l’intégration de la 3D est pertinente, sublimant les décors ou les mises en relief de l’action.

Et quel chara-design ! Alors oui, aucune surprise ne concerne les “classiques”, mais Paragus et Broly, entre autres, bénéficient du soin particulier de Shintani, bien inspiré pour la conception des personnages. Il s’en donnera d’ailleurs à cœur joie pour les diverses transitions de Broly. Tout en nuançant chaque évolution pour que chacune soit aussi fluide que millimétrée. Nous évoquerons aussi les costumes juste parfaits avec une mention “très bien” pour l’aspect délicieusement rétro des 20 premières minutes. Une sorte de géant flash-back posant les bases du conflit avec brio. La haine en devient palpable grâce à la progression de celle-ci et dont nous observons les stigmates au fur et à mesure.

Car oui, le récit prend tout son temps dans sa première partie. Pas de réel affrontement, le drame se déroule sous nos yeux et la vengeance prend tout son sens, faisant aussi évoluer subtilement les personnages. Paragus en tête. Le malaise se hisse à des sommets jusque-là peu explorés par la saga. Une véritable claque et durant la première heure, nous nous disons que nous tenons le meilleur épisode de tous les temps !

Broly, les bases d’une réussite…

La confidence de Broly sur son meilleur ami, découvert dans le milieu inhospitalier lui servant de foyer, en est le meilleur reflet. Une introspection lourde qui efface le vide laissé par l’ancienne version, laissant découvrir un personnage fragile, paradoxal et prêt à expulser sa férocité. Un destin tragique voire même funeste et une empathie affûtée, en contradiction totale avec l’admiration un peu vaine du passé.

L’ensemble est couplé avec une bande sonore démentielle, toujours juste et en raccord avec ce qu’il se passe à l’écran. Mieux, chaque scène est sublimée par des thèmes aussi intenses que touchants, nerveux, posés ou violents selon les circonstances. Un régal sonore qui tient la dragée haute à la qualité graphique, comme une osmose inusuelle comme nous aimerions voir plus souvent. Une réussite connue par tous les aficionados de “Wonderful Days”, dans un style opposé, et succulente à chaque instant.

Et c’est à cet instant qu’en dépit des tares affiliés à la saga “Super” (comme Goku qui, depuis son affrontement avec Boo, est devenu totalement idiot) nous nous disons que la narration est prenante et que peut-être la claque scénaristique nous attend dans la seconde partie.

Erreur fatale consumant les doux naïfs que nous sommes.

Zabon danse

Si nous aimons particulièrement cette longue fable que représente les Dragon Ball, c’est aussi pour les duels plus qu’épiques. Mais nous aimons l’équilibre ; or c’est ici que cet épisode se plante lamentablement.

Toutefois entendons-nous ! L’affrontement, bien que très long (45 minutes environ) est jouissif, dynamique et parfaitement chorégraphié, aucun doute n’est permis. Les coups pleuvent et voir l’ensemble des personnages se faire malmener, Broly compris, a ce don de réveiller nos instincts de combattants Au point de finir le métrage épuisé, à l’instar de chaque soldat ayant participé à la charge !

Comme nous le disions, les transformations successives en jettent et, merci grand Dieu, Gogeta devient aussi canonique, sous son enveloppe juste magnifique et impressionnante. L’épisode de la fusion, où l’humour est maîtrisé entre le stoïcisme de Piccolo et la loufoquerie de la situation, permet un peu de respirer et de se rappeler que chacun est doué de parole.

S’il fallait résumer grossièrement la typologie des personnages durant l’affrontement final ? Ceux sont des “hurleurs”. On saute d’onomatopée en onomatopée, les spectateurs se contentant de résumer la situation et de nous persuader que oui, Broly possède une personnalité atypique.

Broly ou les frasques du déséquilibre

Grave bévue de l’écriture qui réussit toutefois à mettre en avant la bestialité du bad-guy. Et qui omet ensuite la construction de sa dualité et de ses conséquences. Le protagoniste devient alors transparent, se contentant d’être une machine qui aurait pu avoir un soupçon de doute avec ses accointances. Mais il n’en est rien. A partir de cet instant, tout vole en éclats en restant figé, comme si ce qui était mis en place dans l’incipit était vain. Le fait d’avoir basculé la haine de Goku envers Vegeta ? Rien. Pas de réflexion. Pourquoi avoir, en ce sens, travaillé de nouveau le perso pour ne rien en tirer ?

De plus, même si le combat s’éternise, Broly exploite finalement peu son potentiel, ne dominant les débats que par intermittence. Quelques cris, encore, pour nous rappeler que sa rage est intacte et qu’il est un véritable danger. Cela fait peu.

Et que dire de cette fin absolument atroce ? Elle dépareille tellement avec l’hégémonie du début, laissant penser à un bâclage total pour laisser place à une suite. Parce qu’il va falloir le rentabiliser le Broly ! Une ouverture maladroite et forcée, qui fait penser aux balbutiements constants de la partie S.

Fichtre.

Conclusion

Oui le constat est sévère. Oui c’est un crève-cœur de mettre une note si basse.

Mais comment peut-il en être autrement ?

Les 2 parties sont plutôt réussies en exposant parfaitement ce pour quoi elles existent. Mais pourquoi ne sont-elles pas mieux mixées ? Pourquoi n’interagissent-elles pas ? En ce sens, la désagréable impression de faire face à 2 films se dégage et si dans un premier temps la satisfaction domine, c’est la réflexion qui met en exergue la déception.

Une réécriture qui échoue in fine, ne transcendant aucunement le personnage de Broly qui retombe dans les abysses de la bestialité qui vire à la parodie hurlante. Nous ne pouvons même pas évoquer la médiocrité des dialogues de la seconde phase tant ceux-ci sont inexistants. De fait, Broly entre dans l’histoire du rêve Dragon Ball par la petite porte. Comme si le métrage n’était qu’une piètre promesse de faire revenir le personnage pour de nouvelles aventures. Néanmoins, comment croire en une Légende bouffie par les interjections incessantes et malhabiles ?

Aux créateurs de nous montrer la voie et de rétablir l’équilibre. L’avenir qualitatif de la saga en dépend.

%

Note globale

%

Technique

Graphismes superbes et OST envoûtante : combo gagnant !

%

Scénario

Début prometteur puis abandon soudain. La déception.

%

Réalisation

Une mise en scène juste qui souffre parfois de soucis de visibilité !

A bientôt ! De nouvelles aventures ? Nous vous le dirons en temps voulu ! 

PS : pour les fans, vous pouvez aller voir le petit Quiz : DBZ